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Fujifilm X-pro 2 : mariages et street photography

comparaison entre le Fuji Xpro2 et le Contax G1

DE CANON A FUJI, DU REFLEX A L’HYBRIDE

Voilà plus de 2 ans que j’ai revendu tout mon matériel Canon pour passer chez Fujifilm. C’est d’abord le Fujifilm X-pro 1 qui m’a converti. J’ai littéralement eu un coup de cœur pour ce boitier, malgré ses défauts de jeunesse (l’autofocus notamment, peu rapide à la commercialisation du boitier). Retour aux sources, nostalgie de mes 20 ans, le Fuji X-pro 1 me rappelait mon tout premier boitier argentique, le Contax G1. Le Contax G1, avec ses optiques Zeiss méga-supra-extraordinaires, restera dans mon cœur pour toujours. Converti/contraint un temps à l’ergonomie des reflex, j’ai toujours regretté l’esthétique et la prise en main des boitiers télémétriques. Les Fuji X-pro sont magnifiques, j’adore leur design retro. C’est évidemment totalement subjectif et non rationnel.

 

Dans cet article, vous ne trouverez point de tests techniques poussés, de mires, de diagrammes, pour comparer techniquement un réflex full frame et un hybride Fujifilm. Disons-le tout de suite, oui, malgré les progrès certains des hybrides Fuji, l’autofocus d’un reflex pro Canon ou Nikon est supérieure (quoique les tests récents démontrent que le Fuji X-T2 semble désormais jouer à armes égales). Oui, malgré des optiques sublimes chez Fuji en terme de piqué et de rendu des couleurs, le bokeh obtenu par un capteur plein format est plus prononcé et la profondeur de champ à pleine ouverture est plus faible. Mais, et il y a plusieurs grands mais, je n’échangerai pour rien au monde mon Fuji X-pro 2 pour un reflex full frame aussi performant soit-il.

 

TAILLE

Comparatif Fuji Xpro2 vs Canon 5D Mark IV de face

Taille du Fuji Xpro2 vs Canon 5D Mark IV vue d'en haut

Fuji X-pro 2 vs Canon 5D Mark IV – Source : Camerasize

 

Premier argument de poids si l’on peut dire, c’est la compacité des boitiers hybrides. Tout photographe de mariage ou street photographer qui parcourt des journées entières muni d’un ou deux boitiers pourra vous dire que la photographie est une pratique sportive ! Outre le poids, le volume de l’appareil le rend moins intrusif, moins impressionnant. La discrétion est primordiale en photographie de rue pour pouvoir s’approcher au plus près de certains sujets, et elle l’est aussi pour mon approche en photographie de mariage. A quoi sert un boitier avec un autofocus aussi rapide que la vitesse de la lumière si vous faites fuir les gens à 10 mètres.

Fuji X-pro2 street photography

Fuji X-pro 2 + XF 35 mm : ISO 400, f/8, 1/200s

 

ERGONOMIE

L’ergonomie, ah l’ergonomie. Quel plaisir de retrouver des molettes ! Tous vos paramètres de prise de vue sont ainsi visibles avant même que vous ne portiez le viseur à l’œil. Il existe notamment une molette pour le choix de l’autofocus (automatique simple, continu, mode manuel), pour la compensation d’exposition, pour le temps de pose. Vous pouvez régler directement l’ouverture sur l’objectif.

Sur certains objectifs, vous disposez même d’une échelle de profondeur de champ (Fujinon XF 16 mm, XF 23 mm). En street photography, j’utilise souvent le Fuji X-pro 2 avec le XF 23 mm (équivalent 35 mm), je passe en mode manuel pour la mise au point, cale l’objectif à f/8, et règle la distance hyperfocale. Avec ces paramètres, je suis sûr d’avoir la plus grande profondeur de champ possible (netteté de 1,6 m à l’infini). Même le plus rapide des autofocus ne peut battre le mode manuel dans ces conditions. Cool non ?

Fuji X-pro2 noir et blanc

Fuji X-pro 2 + XF 23 mm : ISO 640, f/8, 1/200s

 

La fonction focus peaking (qui met en surbrillance les zones nettes) permet d’être précis en mise au point manuelle.

Le  Fujifilm X-pro 2 possède un joystick pour la mise au point que ne possédait pas le X-pro 1. Avant mon achat, j’étais persuadé que je ne l’utiliserai quasiment jamais, me reposant sur cette bonne vieille technique de « je fais ma mise au point, je la mémorise, et je recompose mon image ». Force est de constater qu’avec le joystick on gagne énormément en réactivité. De plus, à de très grandes ouverture comme f/1,2 on évite davantage les flous de mise au point. En street photography, cela évite que les gens remarquent que vous les photographiez.

La molette dédiée à la compensation d’exposition me permet d’être très réactif car je travaille en priorité ouverture lors des reportages. Je peux faire mes réglages sans avoir à enlever l’œil du viseur. Amélioration sensible par rapport au Fuji X-pro 1, la molette est un peu plus dure, suffisamment pour ne pas être trop souvent déréglée par mégarde, et pas trop pour être agréable à utiliser.

La molette dédiée à la sensibilité ISO du Fuji Xpro 2 a été beaucoup décriée. A juste titre, car il est vrai qu’elle n’est pas très pratique dans le vif de l’action. Elle est intégrée à la molette de réglage du temps de pose, qu’il faut soulever pour changer les valeurs ISO. Impossible de l’utiliser sans quitter le viseur. Pour mon utilisation, cela n’est pas très gênant car en situation de reportage je me cale en fonction ISO Automatique (vous choisissez un temps de pose minimum, et l’appareil choisi l’ISO en fonction de l’exposition idéale).

 

VISÉE

Le Fuji Xpro 2 dispose de 2 modes de visée, optique et électronique. Le viseur optique est pourvu d’un correcteur dioptrique qui faisait défaut sur le Fuji X-pro 1. En visée optique, à la manière des Leica M, vous disposez alors d’un champ de vision qui dépasse celui de votre cadre. C’est très pratique en situation de reportage car cela vous permet de mieux anticiper la scène et ce qui va se présenter devant votre objectif, afin de capter l’instant décisif. Par ailleurs, j’utilise le viseur optique pour certains contre-jours car le viseur électronique devient difficilement lisible. Quant au viseur électronique, il a pour avantage de vous donner en temps réel le rendu que vous aurez, tant en terme d’exposition que de rendu des couleurs. Par exemple, il m’arrive parfois de sélectionner un rendu noir et blanc. Dans le viseur, la scène est alors en monochrome, ce qui me permet de me centrer davantage sur les contrastes pour composer mon image.

 

OBTURATEUR

Avec le Fuji X-pro 2, vous avez le choix entre obturateur mécanique et obturateur électronique. J’utilise prioritairement l’obturateur mécanique car l’obturateur électronique a pour inconvénient de produire des images déformées avec des sujets ayant des mouvements très rapides. Je réserve donc l’obturateur électronique, totalement silencieux, aux conditions où la discrétion absolue est nécessaire (en street photography où lors de la cérémonie à l’église). Sur ce point, les reflex ont le désavantage du mouvement provoqué par leur miroir, bien plus bruyant. L’obturateur électronique est aussi très utile pour les portrait en extérieur lorsqu’on veut avoir une grande ouverture d’objectif malgré la forte luminosité. L’obturateur électronique du Fuji X-pro 2 atteint ainsi 1/32000s tandis que l’obturateur électronique est limité à 1/8000s. Sachez que vous pouvez configurer l’appareil pour qu’il soit en obturateur mécanique prioritairement et qu’il bascule automatiquent en obturation électronique lorsqu’il faut aller au-delà de 1/8000s. Pratique.

 

QUALITÉ D’IMAGE

En terme de qualité d’image, Fujifilm est réputé depuis longtemps pour le rendu des couleurs et le faible bruit numérique lorsqu’on monte en ISO. Avec le Fuji Xpro 1, je pouvais monter sans problème jusqu’à 3200 ISO. Le Fuji X-pro 2 me permet désormais d’exploiter des images à 6400 ISO sans aucune crainte pour la qualité. De plus, les fichiers Jpeg issus directement du boitier, c’est-à-dire sans post-traitement sont à ce point excellents que certains photographes professionnels ne passent plus par le Raw. C’est un gain de temps énorme. 6400 ISO, avec des focales fixes ouvrant à f/1.4 ou f/1.2, me permettent de repousser l’utilisation d’un flash en faible luminosité pour préserver les ambiances.

 

photographe mariage hauts de seine

Fuji X-pro 2 + XF 35 mm : ISO 5000, f/3.6, 1/200s

 

SÉCURITÉ ET PROFESSIONNALISME

Grâce à la présence de 2 emplacements pour carte SD sur le boitier, finis les tracas de carte mémoire erronée. Finis les cauchemars nocturnes où vous vous imaginez devoir annoncer à vos clients que les photos n’ont pas été enregistrées, ou ont tout simplement disparues (situation heureusement jamais vécue, mais oh combien appréhendée). Lors d’un photoreportage mariage, vous n’avez pas de seconde chance. Bien sûr, Fuji n’a rien inventé de nouveau sur ce point.

 

POINTS NÉGATIFS

Le plus gros reproche que je puisse faire au Fuji X-pro 2, et qui est pour l’heure valable pour tous les boitiers hybrides, concerne l’autonomie de la batterie. Une batterie pleine ne permet que de déclencher environ 350 fois. Il faut donc être prévoyant sur le nombre de batteries que vous emmenez en reportage. Pour un mariage, je transporte 10 batteries pour être secure. Fort heureusement, ces dernières sont compactes et légères. Autre reproche, l’indicateur de batterie n’est pas très fiable et vous passez souvent de 45% de charge indiquée par l’appareil au black out total. Méfiance donc.

J’aurais également aimé que le bouton dédié au verrouillage de l’exposition soit situé plus à droite. J’avoue encore avoir du mal à l’atteindre œil collé au viseur. Peut-être cela viendra-t-il plus facilement à l’usage.

 

KAIZEN

Pourquoi suis-je particulièrement attaché à Fujifilm ? Pour le fameux Kaizen. Autrement dit, après la sortie d’un boitier, Fuji tente constamment de lui apporter des améliorations par des firmwares. Cela veut dire que le boitier que vous achetez va devenir plus performant des les mois et années à venir. Toutes les marques n’ont pas cette attention envers leurs utilisateurs. A titre d’exemple, l’autofocus du Fuji X-pro 1, à juste titre décrié pour sa lenteur à la sortie du boitier, a reçu des améliorations successives qui ont permis à de nombreux photographes de l’utiliser de manière professionnelle.

J’attends avec impatience le prochain firmware du Fujifilm X-pro 2 prévu en Octobre 2016. Cette mise à jour apportera au X-pro 2 la vélocité de l’autofocus du X-T2. Quand je vous dis que Fuji gâte ses utilisateurs.

 

CONCLUSION

Comme toujours, tout est affaire de goût personnel et de pratique individuelle. Je ne chercherai à convaincre personne que le Fuji X-pro 2 est le meilleur boitier pour la photographie de mariage ou la street photography. A chacun ses préférences. Pour moi, il est celui qui convient le mieux actuellement à mon approche photographique et je souhaitais juste faire partager mon enthousiasme et le plaisir que j’ai à l’utiliser quotidiennement. J’ai fini par comprendre que certaines photos ne pouvaient être prises que grâce à la compacité et à la discrétion, et que l’ergonomie était plus importante que la vitesse de l’autofocus.

Je précise que je n’ai aucun lien direct avec Fujifilm et que je ne reçois aucune rémunération de leur part.

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